Pourquoi ton cerveau préfère rater plutôt que changer

Tu crois que si tu échoues encore, c’est parce que tu manques de courage, de motivation ou de discipline ?

Pas forcément.

Parfois, tu échoues simplement parce que ton cerveau a fait ses calculs. Et il a conclu que rater… coûte moins cher que changer. L’idée peut sembler absurde. Qui voudrait volontairement saboter sa réussite ? Pourquoi quelqu’un préférerait-il la stagnation à l’évolution ?

Et pourtant. Neurologiquement, psychologiquement, c’est cohérent.

Le cerveau est un organe conservateur conçu pour la survie. C’est à dire qu’il veut économiser un maximum d’énergie. ’est une machine économe. Il déteste l’incertitude. Il préfère le connu, même s’il est désagréable.

Changer, c’est créer un nouveau schéma de pensée, un nouveau comportement, une nouvelle posture. Ça demande de l’énergie, du doute, de l’inconfort. Ça bouscule ton récit intérieur.

Et c’est là que le cortex orbito-frontal entre en jeu. C’est la zone du cerveau qui évalue en permanence les coûts et les bénéfices d’une décision. Ce cortex ne te demande pas : “Qu’est-ce qui est bon pour moi ?”
Il te demande : “Est-ce que ça vaut l’effort ? Est-ce que c’est prévisible ? Est-ce que c’est douloureux ?”

C’est là que le cortex orbitofrontal entre en jeu. Cette zone du cerveau évalue en permanence les coûts et bénéfices d’une décision. Il ne te demande pas : “Qu’est-ce qui est bon pour moi ?”
Il te demande : “Est-ce que ça vaut l’effort ? Est-ce que c’est prévisible ? Est-ce que c’est douloureux ?”

En somme, c’est lui qui décidera s’il vaut mieux manger un paquet de gâteaux industriels le soir plutôt que de passer une heure à préparer un vrai repas. Il prendra toujours le chemin le plus court, celui qui coûte le moins cher.

Le récit identitaire Selon Dan McAdams

Dan McAdams, psychologue et chercheur, a passé sa carrière à étudier comment on construit notre identité à travers des récits. Ce que tu vis, tu l’absorbes. Tu le racontes intérieurement. Et ces récits finissent par définir qui tu crois être.

Ce que tu vis à 10 ans, tu peux encore le traîner à 30, parce que tu t’es raconté une histoire. Une histoire dans laquelle tu es “celui qui rate toujours à la fin”. “Celui qui est trop sensible.” “Celui qui commence mais ne termine rien.”

Le récit identitaire que tu t’inventes devient confortable. Pas parce qu’il agréable et joyeux, mais parce qu’il est connu. Il EST ta zone de confort. Et changer, ça veut dire abandonner cette zone de confort que ton narrateur à créer. C’est prendre le risque de ne plus savoir, pendant un temps, qui tu es.

La souffrance peut devenir utile. Pas pour t’épanouir, mais pour maintenir un équilibre interne. Un équilibre tordu, certes, mais un équilibre quand même.

C’est ce que Jung voyait comme une névrose fonctionnelle. Une souffrance qui évite un chaos plus grand. Une psyché qui préfère tourner en rond plutôt que d’affronter le vide.

Le cerveau, dans ce cas, s’auto-sabote… pour se protéger. Il se dit : “Je préfère souffrir maintenant, que prendre un risque et exploser plus tard.”

Analogie

Imagine que petit, sans même t’en rendre compte, t’as commencé à ramasser des bouts de bois, un peu de ciment, quelques briques qui traînaient. Et au fil du temps, avec ce que t’avais sous la main, t’as construit quelque chose. Une maison.

Au début, c’étaient juste des fondations. Puis t’as dressé des murs. Peut-être percé une fenêtre dans le plus grand d’entre eux. T’as découpé l’espace, ajouté des pièces. Et petit à petit, t’as emménagé dans cette maison.

Et aujourd’hui, quand tu veux changer quelque chose dans cette maison, tu hésites. Parce qu’aussi imparfaite soit-elle, elle est à toi. Prévisible. Tu connais la porte qui grince. Tu sais que le frigo gèle tout au fond. Tu t’es habitué au bruit infâme de la clim. Et ces défauts-là… tu les as intégrés. Ils font partie du décor. Ils font partie de toi.

Alors forcément, vouloir y toucher, c’est comme chambouler tous tes repères. Installer des volets automatiques, par exemple, ça veut dire que tu n’iras plus les fermer à la main tous les soirs à 20h. Ni les ouvrir à 7h le matin. Tu perds un geste familier. Un petit rituel. Un repère silencieux qui te rassurait plus que tu ne le pensais.

Changer cette maison, ce n’est pas juste une rénovation. C’est une remise en question de tout ce que tu as appris à appeler “normal”. Et ça… ton cerveau n’aime pas.

Changer, ce n’est pas juste améliorer. C’est parfois renoncer à ce qu’on a intégré comme “soi”.

Et c’est pour ça que votre cerveau peut préférer rater. Parce qu’échouer, c’est rester dans la maison qu’il connaît.

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