Et si l’hyper individualisme nous rendait malheureux

Aujourd’hui, on nous vend l’idée d’une individualité complète. Le couple stable n’est plus le modèle favori, l’écoles nous apprends à être en compétition avec les autres, le monde du travail nous apprends à être égoïste. 

Aujourd’hui, les jeunes se sentent isolés et souffrent de leur manque de communauté. Les gens ont besoin de liens forts et de vivre en groupe. 

Les chiffres ne mentent pas

Regarde les stats. Pas besoin de grandes théories, juste un peu d’honnêteté.

62 % des jeunes entre 18 et 24 ans disent ressentir la solitude régulièrement.
Pas juste “parfois”. Non. Régulièrement.
Alors qu’il y a 30 ans, c’étaient surtout les personnes âgées qui souffraient de solitude. Aujourd’hui, c’est la jeunesse connectée qui étouffe en silence.

Et la famille ?
1 enfant sur 4 vit aujourd’hui dans une famille monoparentale.
Contre environ 1 sur 20 dans les années 70-80.
On a voulu casser tous les codes, briser les attaches. Résultat ? Les gamins grandissent sans structure solide, et les adultes fuient l’engagement.

Mais le plus fascinant, c’est ce retournement.

Après le confinement, les jeunes recommencent à vouloir des couples stables. Des vraies relations.
Avec engagement. Avec avenir. Avec solidité.  

Le pourcentage de jeunes en couple a cessé de baisser selon l’INSEE

 

Kierkegaard : l’individu face à la foule et la quête d’authenticité

Pour Kierkegaard, l’individu moderne se croit libre parce qu’il peut choisir ce qu’il veut sur le moment : opinions, métiers, modes de vie. Mais en réalité, il se dissout dans le confort, l’ironie, le commentaire extérieur, le divertissement.

Ce n’est pas de la liberté, c’est de l’évitement. Il devient ce qu’il appelle un “individu abstrait” : quelqu’un qui refuse de s’engager, qui joue à être critique de tout sans jamais se mouiller. Il préfère rester dans la réflexion stérile plutôt que de faire un vrai choix existentiel.

La foule, chez Kierkegaard, ce n’est pas juste un groupe de personnes. C’est une entité qui nie la singularité. La foule permet à chacun de se décharger de sa responsabilité : “Ce n’est pas moi, c’est nous”. Il écrit même que :

« La foule est le mensonge. »

Pourquoi ? Parce qu’elle masque la responsabilité individuelle derrière un anonymat collectif. Tu peux haïr, juger, condamner — sans jamais avoir à te confronter toi-même.

Ce que Kierkegaard avait pressenti dès 1846, c’est l’un des plus grands pièges du XXIᵉ siècle : confondre autonomie avec isolement, et confondre individualité avec désengagement.

L’hyper-individualisme, celui qui rejette les liens profonds, l’engagement communautaire, ou le couple stable, c’est souvent un déguisement. Un masque pour ne pas affronter le vertige du choix, du risque, de l’échec.

Mais Kierkegaard ne nous invite pas à fuir l’individu : il invite à le retrouver. Non pas celui qui consomme ou qui juge, mais celui qui agit, qui choisit, qui s’implique.

Jung individu & inconscient collectif

Jung insiste sur le fait que nous ne sommes pas seul. Nous avons un inconscient collectif. 

Il ne croit pas à un “moi” isolé, entièrement autonome. Pour lui, l’ego (le moi conscient) n’est qu’un fragment de la psyché. Une sorte d’interface entre notre monde intérieur et extérieur.

Mais sous cet ego, il y a l’inconscient personnel, fait de souvenirs oubliés, de traumatismes, d’éléments refoulés. Et encore en dessous : l’inconscient collectif.

Cet inconscient collectif, c’est le socle commun de l’humanité. Il contient des archétypes : des formes, des symboles, des structures psychiques universelles que nous partageons tous — que l’on soit à Paris, à Tokyo ou dans une tribu amazonienne.

Pour Jung, l’individu ne se transforme jamais seul. Même l’introspection la plus profonde a besoin d’un miroir, d’un échange, d’un terrain d’expérience.

Il explique que les groupes humains, même temporaires — un cercle d’amis sincères, une troupe de soldats, une assemblée religieuse, une communauté d’idées — servent de contenant symbolique.
Ils agissent comme des creusets alchimiques : on y projette son ombre, on y affronte ses complexes, on y rencontre ses limites… mais aussi sa puissance refoulée.

Dans une dynamique de groupe, l’âme s’échauffe, se polit, s’éveille.
C’est dans ces interactions — parfois brèves, parfois conflictuelles — que le processus d’individuation peut prendre une nouvelle profondeur.

En bref : nous sommes fait pour vivre en communauté, car c’est le seul moyen de se rencontrer soi même. 

Les grands de l’histoire et la création de communautés

Les grands stratèges de ce monde le savait. les gens n’ont pas besoin qu’on les isolent ! Ils ont besoin qu’on les rassemble ! Qu’on leur donne une cause, qu’on les unissent ! Pas qu’on les sépare ! 

Sun Tzu l’avait déjà développé dans l’art de la guerre. Sun Tzu parlait d’offrir une bannière à ses soldats ! Une cause commune ! C’est ça qui fait tenir une armée dans la tempête. Pas l’individualisme, pas le chacun pour soi.

Regardons Napoléon. Napoléon écrivait à ses soldats. Il leur parlait comme à des frères d’armes. Il disait :

“Soldats, vous êtes nus, mal nourris. Je vais vous conduire aux plaines les plus fertiles du monde.”

Napoléon était un grand général car il offrait une vision commune. Il ralliait les gens à sa vision. Il unissait. Et c’est cet union qui nous manque

Les idéologies modernes ont transformé l’autonomie en isolement, et la liberté en désagrégation.
Mais l’homme libre n’est pas seul.
Il est relié volontairement, consciemment, à quelque chose de plus vaste.

C’est ça que les grands ont compris.
Et c’est ce que beaucoup ont oublié.

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