Macron, appelez le « le magicien »

Est-ce que vous avez déjà discuté avec un magicien ? Moi oui. Et les magiciens, ils me disent que les tours de magies, c’est que des jeux de perceptions. On attire l’attention du spectateur sur un point pendant qu’on fait autre chose. Ou encore, on prétend faire une certaine chose alors qu’on fait l’inverse. L’objectif, en gros, c’est de jouer avec l’attention du spectateur. 

Et bien Macron, lui, est un très bon magicien. Il utilise ce détournement d’attention comme le fait le meilleur magicien du monde. C’est sans doute sa meilleure arme. Macron, c’est un type qu’a compris que pour faire ce qu’on veut, il faut que les autres ne regarde pas. 

Les tours de magies élégants de Macron

En 2024, pendant que les agriculteurs râlaient, qu’ils crevaient à petit feu sous les normes européennes et l’étouffement fiscal. Le 3 juillet 2025, en visite dans l’Aveyron, il déclare :

« On ne va pas laisser le loup se développer là où il y a du pastoralisme… il faut le prélever davantage. »

 

Pendant que les éleveurs réclament des solutions au cœur des normes, à la fragilité des revenus, Macron réunit l’attention sur… un loup.
Il utilise un archétype : la peur du prédateur. Cela fonctionne comme un tour de magie politique : tu regardes le loup, pendant qu’on change la loi, on empêche une réforme structurelle, on édulcore les aides dont tu as vraiment besoin.

Quand il faut il fait les choses bien ! Et encore, il n’est pas à son coup d’essaie. 

En novembre 2014, alors ministre de l’Économie, Emmanuel Macron autorise la vente de la branche énergie d’Alstom — y compris les turbines nucléaires Arabelle — à General Electric, pour environ 585 M€. Un symbole : un fleuron industriel français cédé à un géant américain 

Puis, en mai 2024, il revient triomphant :

« EDF reprend officiellement les activités nucléaires de General Electric… une véritable fierté française »

 

C’est présenté comme un sauvetage. Mais dans les faits… Macron orchestre un tour de passe‑passe industriel : vendre bas, racheter haut, et revendiquer un geste patriotique.

On applaudit la retour de l’Arabelle dans le giron national. Mais on ne parle plus du comment : le coût du rachat (près d’un milliard), les pertes d’emplois en Europe, les brevets transférés, la compétence technique érodée. 

Macron ne combat pas la critique. Il l’annule en déplaçant les projecteurs

L’art de détourner le regard

Macron, c’est ce prestidigitateur de gala qui, en pleine arnaque, te dit avec une voix douce et docte : « Regardez bien cette main… surtout celle-là, oui. »
Pendant qu’avec l’autre, il te vide les poches, change les serrures de ta maison et signe un accord à ton nom.
Puis, quand tu protestes, il hausse les sourcils, choqué : « Mais vous avez vu tout ce que j’ai fait pour vous distraire ?! »

Comment reconnaitre les techniques du magicien

Macron, il n’a rien inventé. Depuis toujours on utilise cette technique. D’abord pour la guerre, comme le raconte Sun Tzu : 

“toute guerre est fondée sur la tromperie.”

 

Cette technique, elle consiste, comme je l’ai dit plus tôt, à jouer sur l’attention et la perception. Mais c’est très subtile.

D’abord on utilise le biais d’attention. Le biais d’attention décrit que nous nous focalisons sur certaines choses plus que d’autres, car notre attention est limité. Cet article décrit très bien comment fonctionne ce biais 

Plutôt que de répondre au problème frontalement, on crée une émotion de substitution : peur, indignation ou euphorie. Exemple : les loups, les “valeurs républicaines”, une nomination choquante, un « retour de souveraineté ». L’idée, c’est de nous faire oublier notre émotion, aussi légitime soit elle, en nous en donnant une autre. 

Mais le plus fort, c’est que le style utilisé est un os à ronger pour les médias. Le sujet peut être facilement repris partout. Quand Macron le « patriote » récupère les technologies françaises, c’est visuel, symbolique, fort… Mais surtout clivant. On peut faire 1000 articles sur le sujet, dire à quel point il aime son pays, dire que c’est un hypocrite. C’est interprétable et facilement re publiable par ceux qui aiment et ceux qui déteste.

Cette stratégie est forte. Et le plus beau… C’est que pendant que tout le monde débat sur le “loup”, la réforme passe, les concessions se diluent, le pouvoir se concentre.

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