On ne devient pas extrême par hasard

Est-ce que les gens se lèvent un matin en décidant de mépriser, de rejeter, de tout casser ?
Les gens deviennent extrêmes parce qu’ils aiment la haine ? Non.

À vrai dire, l’extrême, c’est souvent un choix de dernier recours. Quand notre être est tellement névrosé qu’on n’a plus d’autres choix. Dostoïevski dit que la haine est une passion. Que l’homme préfère la haine à l’oubli. Je crois qu’il a raison.

On devient extrême quand on a essayé… et que rien n’a marché. Quand on a déjà tenté de s’intégrer, de comprendre, de faire des efforts. Et qu’on n’a pas écouté.
Ou pire : qu’on a ignoré.

T’es pas convaincu ? Je t’invite à regarder autour de nous alors. Regardons les extrêmes.

Parlons des anarchistes. Leur mouvement repose sur une volonté de suppression de l’État. Selon eux, l’État est l’oppresseur. Alors ils pensent qu’un monde sans gouvernement, sans hiérarchie, serait meilleur.

C’est clair ? Ces gens ont le sentiment d’avoir été trahis par leurs chefs, par leur gouvernement. Alors ils veulent couper la tête au roi. C’est l’adolescent qui pense avoir été trahi par son père.

Allons voir de l’autre côté. Prenons l’Action Française. Eux, veulent abolir la République au profit de la monarchie. Parce qu’ils pensent que la République a trahi la France, qu’elle a « souillé » son histoire. On est donc sur un sentiment de rejet de sa propre identité. C’est l’équivalent d’un enfant à qui on a remplacé le père.

Jung disait que la névrose, c’est une désunion avec soi-même.
Alors imagine la radicalité : c’est une désunion avec le monde entier.
C’est le cri de quelqu’un qui n’a plus de place nulle part.

Si on veut éviter que l’extrême devienne la majorité, alors pose-toi cette question :
Quand est-ce que mes camarades se sont sentis assez abandonnés pour devenir extrêmes ?
À quel point nos camarades doivent-ils se radicaliser pour qu’on cesse de les ignorer ?

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