Tu dois probablement penser que ton avis est clair, personnel, construit.
Mais à quel moment a-t-il commencé à se former ?
Avant ou après cet extrait de 12 secondes ? Ce tweet ? Ce montage ? Ce micro-scandale qui ne dure qu’un jour ? Les réseaux sociaux ne t’aident pas à penser. Ils t’aident à croire que tu penses. Et ça suffit à te piéger.
Tu vois une phrase sortie de son contexte. Tu sens une émotion. Tu conclus. Pas parce que tu es idiot.
Mais parce que l’algorithme t’a appris à aller vite. À remplir les blancs. À confirmer ce que tu ressens déjà.
Et pendant ce temps, ta pensée s’endort. Elle se repose sur des certitudes que tu n’as jamais examinées.
Descartes disait qu’il fallait douter de tout, sauf de ce qui résiste au doute lui-même. Il n’appelait pas à la méfiance constante, mais à la lucidité. Et aujourd’hui, c’est peut-être ça qu’on a perdu : le doute actif. Le droit d’interroger, même nos propres idées.
Le danger, ce n’est pas d’avoir tort. C’est d’être sûr d’avoir raison… en se basant sur 15 secondes de TikTok.